giovedì 13 maggio 2021

venerdì 16 aprile 2021

Fateci tornare a casa

"Basta, non ne possiamo più. Mi rivolgo ai governanti: per favore fateci ritornare a casa, fateci ritornare nei nostri teatri, fateci ritornare nei nostri spazi di cultura. Per una crescita personale, ma soprattutto per la crescita di uno stato che vuole essere adulto e responsabile". 

Gianni Forte, 14 aprile 2021

Per il teatro, per la cultura, per nutrire il cervello, per la vita.

lunedì 1 marzo 2021

12

A Lisa S.

- Personnellement, j'ai jamais vraiment arrêté
de donner de dictées. C'est un moment
vraiment sympa. Les mômes sont extrêmement
concentrés, à faire une seule chose à la fois
impossible de lever le nez sinon tu rates
un mot, tout le monde est bien aligné
dans la même position, on entend les mouches.
Bref, c'est très reposant. Et puis
ils sentent qu'ils font quelque chose d'important.
En tout cas, ils font comme s'ils le sentaient. La
tentation, ce serait de tout dicter histoire d'avoir la paix.
Mais ça marche pas. Si tu dictes
autre chose qu'une dictée, t'as le bordel. Le bordel
le brouhaha, ou un peu de bruit, c'est ce que tu as
quand tu ne dictes pas une dictée, et ça, faut bien
se le mettre dans la tête et le plus vite possible,
si on veut pas être déçu. Après, il y a des moments de 
concentration très aigus, seuls ou à plusieurs
mais la qualité de silence que t'as 
avec la dictée, y a rien de comparable. Seuls les profs
qui font régner la terreur l'obtiennent. Je suppose qu'on
pense que ces profs-là n'existent plus, mais y en a
encore, par petites unités, un par bahut. Y a un 
deuxième avantage que t'as avec la dictée
c'est la correction. Rien de plus cool à corriger
qu'une dictée : ça demande zéro concentration.
Tu peux très bien écouter la radio ou
regarder la télé en même temps ; c'est de la
mécanique. Toujours les mêmes fautes sur les mêmes
mots, du coup tu finis par passer à vitesse grand V
sur toutes les copies et t'abats
un paquet de trente en une demi-heure max.
Y a rien de plus rapide à corriger qu'un paquet de
dictées. T'as des notes, tu les rends, les parents
comprennent et tout le monde est content.
On a pu faire chier des profs pour une phrase 
dans Artaud ou dans Zola, un geste ou de
l'humour mal compris, mais on a jamais emmerdé
personne parce qu'il donnait trop de dictées - en
tout cas, j'en ai jamais entendu parler. La dictée notée
sur 20, c'est le seul exercice où tu peux te récolter
- 40, et à ce que je sache, ça n'a jamais étonné
personne. - 40, c'est probablement un dyslexique.
En 2010, ils se tapaient encore la dictée en entier
et la descente en enfer. La plupart
on croyait qu'ils étaient bêtes.
C'est là que d'un coup, à un moment, j'ai réalisé
que mes meilleurs amis étaient nuls en orthographe
et que je vivais avec un dyslexique qu'on avait pris
pour un abruti pendant toute sa scolarité et qui
finalement avait fait des études supérieures -
tout comme mes amis nuls en orthographe. Mais alors
s'il y avait des gens nuls en orthographe et capables
de développer une pensée et une appréhension
sensible du monde, ça impliquait a contrario
qu'il y avait des gens à l'orthographe impeccable
qui pensaient comme des pommes ou qui étaient
vraiment cons.
On connaît tous des cons qui font pas de fautes, non ?
Il paraît que sur les applis de rencontres, ça trie
par l'orthographe
ceux qui écrivent sans fautes branchent
ceux qui écrivent sans fautes 
et s'auto-sélectionnent comme ça socialement
sous-entendu que les pauvres sont incapables
d'aligner deux lignes et en général de s'exprimer?
C'est pour ainsi dire l'aboutissement d'une manière
de voir les choses, la société telle qu'elle fonctionne
et telle qu'on croit qu'elle est ; pour ainsi dire le
couronnement d'une centaine d'années d'école
publique et privée, confessionnelle ou laïque et
obligatoire, parce qu'un niveau de l'orthographe et de
son respect c'est pareil des deux côtés. On peut
s'écharper sur le genre de rapport au zizi
mais certainement pas sur l'accord du
participe passé avec avoir quand le complément d'
objet direct est placé avant le verbe, là, tout le monde
est d'accord pour dire que le savoir c'est une preuve d'
intelligence puisque c'est pas facile à comprendre
(et en effet, c'est incompréhensible). Récemment
j'étais surprise de ce que de plus en plus de mes
collègues laissaient des fautes 
dans leurs communications (depuis l'arrivé de
l'informatique, on n'arrête pas de s'écrire). Les mômes
aussi le remarquent :
- Vous avez vu, monsieur Truc il fait plein de fautes !
Je tempère :
- Lamartine aussi il en faisait plein, et il est devenu
député. Malgré tout, j'avais dans la tête que les
fonctionnaires font pas de fautes, pas parce que
le concours agirait magiquement et que dès lors
que vous l'avez passé  vous n'en faites plus, bien sûr
mais parce que l'orthographe, c'est quelque chose
d'extrêmement surveillé dans la fonction publique
tout comme les fonctionnaires sont extrêmement 
surveillés (c'est ce qu'on appelle le devoir de réserve).
Eh bien, ni l'un ni l'autre.
Il n'y a aucun texte de loi qui dise que le fonctionnaire
doit avoir une bonne orthographe. Y a bien une 
légende, celle du décret 1832. Mais ce fameux
décret, il a jamais existé que dans les têtes. Pareil
pour le devoir de réserve dans l'armée, mais pas
dans l'éducation publique ; c'est d'ailleurs la raison
pour laquelle un ministre a dernièrement inclus
un entrefilet de loi dans lequel il précise que désormais
il y a un devoir d'exemplarité pour les profs
(c'est parce que des profs avaient un peu rechigné à sa
réforme ; il aime pas que ses profs rechignent). Du coup
le devoir de réserve dans l'éducation nationale 
il a jamais existé que dans les têtes aussi.
C'est assez troublant quand même, cette manie
de s'inventer des lois qui existent pas dans le droit et
qui vont toutes dans le même sens de plus de
contraintes. Par exemple
(en tout cas dans l'éducation nationale)
on se met jamais à fantasmer des lois qui iraient vers
plus de liberté ou plus d'égalité. On se fabrique 
son petit droit en interne
qui fait jouer le martinet. Plus royaliste que le roi.
Plus dirigeant que l'Etat. Plus
administrant que l'institution.
Plus répressif que la
police.

Nathalie Quintane, Un hamster à l'école, La fabrique éditions, 2021

 

 
- Personalmente, non ho mai davvero smesso
di assegnare dei dettati. È un momento
veramente bello. I ragazzi sono estremamente
concentrati, a fare una cosa sola alla volta,
impossibile alzare il naso, altrimenti perdi
una parola, tutti sono ben allineati
nella stessa posizione, si sentono volare le mosche.
Insomma, è molto riposante. E poi
sentono di fare qualcosa d'importante.
Ad ogni modo, fanno finta di sentirlo. La
tentazione sarebbe di dettare tutto, tanto per avere pace.
Ma non funziona. Se detti
una cosa diversa da un dettato, il casino è garantito. Il casino,
il baccano o un po' di rumore è quello che hai
quando non detti un dettato, e questo bisogna ben
metterselo in testa e il più rapidamente possibile,
se non si vuole restare delusi. Dopo, ci sono dei momenti di 
concentrazione molto intensa, da soli o in gruppo,
ma la qualità di silenzio che hai 
col dettato, non c'è niente di comparabile. Solo i prof
che fanno regnare il terrore lo ottengono. Suppongo che si 
pensi che questi prof non esistano più, ma ce ne sono 
ancora, in piccole unità, uno per scuola. C'è un 
secondo vantaggio che hai col dettato: 
è la correzione. Niente di più tranquillo che correggere
un dettato: richiede concentrazione zero.
Puoi benissimo ascoltare la radio o
guardare la tivù allo stesso tempo; è questione di
meccanica. Sempre gli stessi sbagli con le stesse
parole, per cui finisci per passare alla velocità con la V maiuscola
su tutte le copie e fai fuori
una pila di trenta compiti in massimo mezz'ora.
Non c'è niente di più rapido da correggere di un pacco di
dettati. Hai dei voti, li dai, i genitori
capiscono e tutti sono contenti.
Si son potute rompere le palle a dei prof per una frase 
di Artaud o di Zola, un gesto o del-
l'umorismo frainteso, ma non si è mai rotto 
a nessuno perché dava troppi dettati - in 
ogni caso, non ne ho mai sentito parlare. Il dettato con un voto da 1
a 10 è il solo esercizio in cui puoi prenderti un 
- 40 e, che io sappia, un voto così non ha mai stupito
nessuno. - 40, si tratta probabilmente di un dislessico.
Nel 2010, si beccavano ancora tutto il dettato
e la discesa agli inferi. La maggior parte di 
noi credeva che fossero stupidi.
È a quel punto che, a un dato momento, ho capito
che i miei migliori amici erano nulli in ortografia
e che vivevo con un dislessico, scambiato
per un imbecille durante tutta la sua carriera scolastica, che
alla fine aveva fatto degli studi superiori -
esattamente come tutti i miei amici nulli in ortografia. Ma allora
se c'era gente nulla in ortografia e capace
di sviluppare un pensiero e un apprendimento
sensibile del mondo, questo implicava a contrario
che c'era gente dall'ortografia perfetta
che pensava come una patata o che era
davvero mona.
Conosciamo tutti dei mona che non fanno sbagli, no?
Sembra che sulle app di incontri si selezioni
in base all'ortografia
quelli che scrivono senza errori cuccano
quelli che scrivono senza errori 
e si autoselezionano così socialmente,
sottinteso che i poveri sono incapaci 
di allineare due righe e in generale di esprimersi?
È, per così dire, l'esito di un modo 
di vedere le cose, la società come funziona
e come crediamo che sia; per così dire, il
coronamento di un centinaio di anni di scuola
pubblica e privata, cattolica o laica e
dell'obbligo, perché un certo livello in ortografia e il
suo rispetto è uguale in entrambe. Ci si può
massacrare sul tipo di rapporto con il pisello,
ma certamente non sull'accordo del
participio passato con il verbo avere quando il complemento 
oggetto diretto si trova davanti al verbo, in quel caso, tutti
sono d'accordo nel dire che saperlo è una prova di 
intelligenza, dato che non è facile da capire
(e, in effetti, è incomprensibile). Di recente
sono rimasta sorpresa dal fatto che sempre più numerosi sono i  
colleghi che lasciano degli errori 
nelle loro comunicazioni (dall'arrivo del-
l'informatica è tutto uno scriversi). Anche
i ragazzi lo notano :
- Ha visto, il signor XY fa un sacco di errori!
Io modero:
- Anche Lamartine ne faceva un sacco, ed è diventato
deputato. Nonostante tutto, avevo in testa che i 
funzionari non commettono errori, non perché 
il concorso agirebbe magicamente e perché quando
l'avete passato non ne fate più, chiaro,
ma perché l'ortografia è qualcosa 
di estremamente controllato nella funzione pubblica
proprio come sono controllati 
i funzionari (è il cosidetto dovere di riservatezza).
Ebbene, non esiste né l'uno né l'altro.
Non esiste nessun testo di legge che dica che il funzionario
debba avere una buona ortografia. È una pura 
leggenda, quella del decreto del 1832. Ma questo famoso
decreto è esistito solo nelle teste. Idem
per il dovere di riservatezza nell'esercito, ma non
nella pubblica istruzione; è del resto la ragione
per cui un ministro ha recentemente incluso
un trafiletto di legge in cui precisa che ormai
esiste un dovere di esemplarità per i prof
(è perché i prof erano un po' recalcitranti alla sua
riforma; non gli piace che i prof siano recalcitranti). Allora
il dovere di riservatezza nella pubblica istruzione 
è anch'esso esistito solo nelle teste.
È abbastanza inquietante, però, questa mania
di inventarsi delle leggi che non esistono nel diritto e
che vanno tutte nella stessa direzione di più
obblighi. Per esempio
(in ogni caso nella pubblica istruzione)
non ci si mette mai a fantasticare di leggi che vadano verso
più libertà o più uguaglianza. Ci si costruisce
il proprio piccolo diritto interno
che fa muovere la frusta. Più realista del re.
Più dirigente dello Stato. Più
amministratore dell'istituzione.
Più repressivo della
polizia.

martedì 9 febbraio 2021

A volte ritornano: il fine orecchio di Giove

Dopo anni di inani tentativi e molte insistenze, non appena riavutasi dall'ultimo, clamoroso insuccesso, la dea della democrazia, Sola, è riuscita di nuovo, appena qualche giorno fa, ad arrivare al cospetto di Giove e si è rivolta a lui ancora più accorata perché ascolti davvero, infine, le preci del popolo di Roma.

- Gioove! Gioove! Gioove!
- ...
- Gioove!
- ...
- AGGIOVE!
- Anvedi, ancora la pischella. Che d'è?
- Giove, sono 27 anni che non muovi neanche un dito mignolo, per il popolo di Roma.
- E daje co' 'sta storia. Nun me va de faticà, gnaafò. So' stanco, c'ho da fà, che, no 'o sai? C'ho 'na fila de ggente che me chiede de interrompe l'ultima epidemia. 
- Fallo almeno per Europa: non provi più un briciolo d'amore per Europa?
- Eh, certo che lo provo. Tutti i ggiorni che mando sulla tera, lo provo.
- Allora rispondi al popolo di Roma. Dice che se gli dai quello che chiede, Europa ritorna da te, in tutto il suo splendore.
- Eh, ma l'altra vorta mica è tornata da me, Europa. 
- Ma scusa, che ti aspettavi? T'avevano chiesto mari e monti, Giove, e tu Mario Monti gli avevi dato.
- Ma davero? Nun me ricordo bbene. E comunque che vvo', er popolo de Roma, adesso?
- Sai, la situazione è così complicata, che ora vorrebbe che gli mandassi dei maghi, a sbrogliare i casini di varia natura in cui si trovano.
- E che cce vo'. Eccheteli tiè.

martedì 2 febbraio 2021

The Hill We Climb

When day comes we ask ourselves
Where can we find light in this never-ending shade?
The loss we carry,
A sea we must wade.
We braved the belly of the beast;
We’ve learned that quiet isn’t always peace.
And the norms and notions of what just is
Isn’t always justice.
And yet the dawn is ours before we knew it.
Somehow we do it;
Somehow we’ve weathered and witnessed
A nation that isn’t broken but simply unfinished.
We, the successors of a country and a time
Where a skinny black girl descended from slaves
And raised by a single mother can dream of becoming president,
Only to find herself reciting for one.
And yes we are far from polished, far from pristine,
But that doesn’t mean we aren’t striving to form a union that is perfect.
We are striving to forge a union with purpose,
To compose a country committed to all cultures, colors, characters and conditions of man.
And so we lift our gaze not to what stands between us,
But what stands before us.
We close the divide, because we know to put our future first,
We must first put our differences aside.
We lay down our arms
So we can reach out our arms to one another.
We seek harm to none and harmony for all.
Let the globe, if nothing else, say this is true:
That even as we grieved, we grew,
That even as we hurt, we hoped,
That even as we tired, we tried,
That we’ll forever be tied together, victorious—
Not because we will never again know defeat
But because we will never again sow division.
Scripture tells us to envision
That everyone shall sit under their own vine and fig tree,
And no one shall make them afraid.
If we’re to live up to our own time,
then victory won’t lie in the blade but in all the bridges we’ve made.
That is the promised glade,
The hill we climb if only we dare it.
Because being American is more than a pride we inherit,
It’s the past we step into and how we repair it.
We’ve seen a force that would shatter our nation rather than share it,
Would destroy our country if it meant delaying democracy.
And this effort very nearly succeeded,
But while democracy can be periodically delayed
It can never be permanently defeated.
In this truth, in this faith we trust,
For while we have our eyes on the future, history has its eyes on us.
This is the era of just redemption.
We feared at its inception.
We did not feel prepared to be the heirs of such a terrifying hour,
But within it we found the power
To author a new chapter,
To offer hope and laughter,
To ourselves sow. While once we asked:
How could we possibly prevail over catastrophe?
Now we assert: How could catastrophe possibly prevail over us?
We will not march back to what was,
But move to what shall be,
A country that is bruised but whole,
Benevolent but bold,
Fierce and free.
We will not be turned around or interrupted by intimidation
Because we know our inaction and inertia will be the inheritance of the next generation.
Our blunders become their burdens
But one thing is certain:
If we merge mercy with might and might with right,
Then love becomes our legacy
And change our children’s birthright.
So let us leave behind a country better than the one we were left.
With every breath of my bronze pounded chest,
We will raise this wounded world into a wondrous one.
We will rise from the golden hills of the West.
We will rise from the windswept Northeast where our forefathers first realized revolution.
We will rise from the lakeland cities of the Midwestern states.
We will rise from the sunbaked South.
We will rebuild, reconcile and recover
In every known nook of our nation,
In every corner called our country,
Our people, diverse and beautiful,
Will emerge battered and beautiful.
When day comes we step out of the shade,
Aflame and unafraid.
The new dawn blooms as we free it.
For there is always light if only we’re brave enough to see it,
If only we’re brave enough to be it.

Amanda Gorman


La collina che scaliamo

Quando arriva il giorno ci chiediamo
Dove possiamo trovare la luce in quest'ombra senza fine?
Con la perdita che ci portiamo dietro,
È un mare che dobbiamo attraversare.
Abbiamo affrontato la tana del lupo;
Abbiamo imparato che il silenzio non vuol sempre dire pace.
E le norme e le idee di quel che è giusto
Non sono sempre giustizia.
E tuttavia l'alba è nostra prima che lo sapessimo.
In qualche modo la creiamo;
In qualche modo abbiamo resistito e siamo stati testimoni
Di una nazione che non è spezzata, ma solo incompiuta.
Noi, gli eredi di un paese e di un tempo
In cui una magra ragazza nera con schiavi, tra i suoi antenati,
Ed allevata da una madre sola, può sognare di diventare presidente,
Solo per trovarsi a declamare per uno.
E sì, siamo tutto fuorché raffinati e puri,
Ma questo non vuol dire che non ci stiamo battendo per creare un'unione che sia perfetta.
Ci stiamo battendo per forgiare un'unione con uno scopo,
Per comporre un paese votato a tutte le culture, a tutti i colori, a tutti i caratteri e a tutte le condizioni dell'uomo.
E allora mettiamoci a guardare non quello che si erge tra di noi,
Ma quello che si erge dinanzi a noi.
Colmiamo lo spazio che ci divide, perché sappiamo anteporre il futuro,
Dobbiamo innanzi tutto mettere da parte le nostre differenze.
Stendiamo le braccia
Per potercele toccare l'un l'altro.
Non cerchiamo di danneggiare nessuno, cerchiamo armonia per tutti.
Possa se non altro il mondo dire che questo è vero:
Che persino con le lacrime, siamo cresciuti,
Che persino facendo male agli altri, abbiamo sperato,
Che persino stancandoci, ci abbiamo provato,
Che saremo legati per sempre assieme, vittoriosi—
Non perché non conosceremo mai più la sconfitta
Ma perché non semineremo mai più la divisione.
Le scritture ci dicono di immaginare
Che ognuno siederà sotto la propria vite e il proprio fico,
E nessuno gli farà paura.
Se dobbiamo essere all'altezza del nostro tempo,
allora la vittoria non sarà nella lama, ma in tutti i ponti che avremo costruito.
Quella è la radura promessa,
La collina che scaliamo se solo osiamo farlo.
Perché essere americano è più di un orgoglio che ereditiamo,
È il passato in cui entriamo e il modo in cui lo ripariamo.
Abbiamo visto una forza che manderebbe in frantumi la nostra nazione piuttosto di condividerla,
Distruggerebbe il nostro paese se intendesse ritardare la democrazia.
E questo sforzo per pochissimo non ha avuto successo,
Ma mentre la democrazia può essere periodicamente sospesa
Non può essere mai definitivamente sconfitta.
In questa verità, in questa fede confidiamo,
Perché mentre rivolgiamo gli occhi al futuro, la storia rivolge i suoi su di noi.
Questa è l'era del riscatto e basta.
Abbiamo avuto paura, quando è iniziato.
Non ci siamo sentiti preparati a diventare gli eredi di un'ora così terribile,
Ma in questo lasso di tempo abbiamo trovato la forza
Di scrivere un nuovo capitolo,
Di cominciare a regalarci
Speranza e riso. Mentre una volta chiedevamo:
Come potremmo mai avere la meglio sulla catastrofe?
Ora affermiamo: Come potrebbe mai la catastrofe avere la meglio su di noi?
Non marceremo indietro su ciò che è stato,
Ma ci muoveremo verso quello che sarà,
Un paese ferito, ma integro,
Gentile, ma coraggioso,
Fiero e libero.
Non ci gireremo o ci fermeremo per un'intimidazione
Perché sappiamo che la mancanza di azione e l'inerzia saranno l'eredità della prossima generazione.
I nostri errori diventano i loro oneri
Ma una cosa è sicura:
Se coniughiamo la compassione con il potere e il potere con il diritto,
Allora l'amore diventerà il nostro lascito
E cambierà il diritto di nascita dei nostri figli.
Lasciamoci allora alle spalle un paese migliore di quello che ci è stato dato.
Con ogni respiro del mio petto di bronzo,
Trasformeremo questo mondo ferito in uno splendido.
Ci alzeremo dalle colline dorate dell'Ovest.
Ci alzeremo dal Nord-est spazzato dal vento dove i nostri antenati per primi hanno compiuto la rivoluzione.
Ci alzeremo dalle città sui laghi degli stati del Midwest.
Ci alzeremo dal Sud indurito dal sole.
Ricostruiremo, riconcilieremo e guariremo
In ogni nicchia nota della nostra nazione,
In ogni angolo che si chiama il nostro paese,
Il nostro popolo, variegato e bellissimo,
Emergerà malmenato e bellissimo.
Quando si fa giorno, usciamo dall'ombra,
In fiamme e senza paura.
La nuova alba fiorisce a mano a mano che la liberiamo.
Perché c'è sempre luce, se solo siamo abbastanza coraggiosi da vederela,
Se solo siamo abbastanza coraggiosi da esserla.

venerdì 15 gennaio 2021

Le fantôme de Tocqueville

Je me suis demandé ce que le fantôme de Tocqueville aurait pensé de tout ça, mais c'était une question vaine, et, la nuit même, j'ai rêvé que Tocqueville, en redingote, fuyait l'Amérique dans un camion poubelle, comme un vulgaire criminel. Il traversait le Mexique de Napoléon III et des narcotrafiquants, avant de rejoindre, par bateau, la France de Macron et des« gilets jaunes ». Pauvre Tocqueville.

Philippe Lançon, Charlie Hebdo, Les oies noires du Capitole, 13 janvier 2021 

https://www.lepelerin.com/wp-content/uploads/2020/09/lancon.jpg 

Mi sono domandato cosa avrebbe pensato di tutto questo il fantasma di Tocqueville, ma era una domanda inutile, e, la notte stessa, ho sognato che Tocqueville, in redingote, fuggiva dall'America in un camion della spazzatura, come un volgare criminale. Attraversava il Messico di Napoleone III e dei narcotrafficanti, prima di raggiungere, via nave, la Francia di Macron e dei "gilet gialli". Povero Tocqueville.

P.S. Le lambeau di Philippe Lançon è stato tradotto in italiano. Fortunelli.